Pour l’éducation à la multi-culturalité au sein de l’UE

Posted on juillet 2, 2011

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En cette période pré-électorale où le concept fumeux et rétrograde de dé-mondialisation a le vent en poupe. Evitons le repli sur soi et combattons l’ignorance à la racine!

Pour éviter le choc des cultures tel qu’annoncé par Samuel Huntington dans son livre « The clash of civilisations », il est peut-être temps de sortir la tête du sable, voir que nous ne sommes pas seuls sur terre et que la France-Puissance n’est peut-être plus ce qu’elle était. N’en déplaise à Arnaud Montebourg et au Front National. Ce qui me rappelle l’intervention de François Fillon dans une série de questions-réponses au gouvernement: « Socialistes, réveillez-vous! ».

Tout d’abord, il faudrait y expliquer ce qu’est la mondialisation des échanges et surtout souligner qu’elle ne date pas d’hier. On peut citer Fernand Braudel et un passage de « La Méditerranée, l’espace et l’histoire ». Dans le texte l’historien nous montre que tout ce qui illustre le plus à nos yeux la Méditerranée et son climat généreux n’était pas là du temps d’Hérodote, le « père » de l’histoire. Tomate, maïs, aubergine, piment, riz, haricot, tabac, pommes de terres, etc.: tout ça a été rapporté des quatre coins de la terre!

À l’inverse comme l’anthropologue Claude Levi-Strauss, on peut regretter une certaine homogénéisation ou encore une occidentalisation de la culture mondiale. À ce titre il est fort à parier que les indiens évoluant encore à l’état sauvage dans la forêt amazonienne et dont on vient de prendre des clichés aériens, soit mourront d’une maladie à nous soit sombreront dans l’alcoolisme d’ici quelques années. Hélas!

Face à la mondialisation et à ses effets, que tantôt nous subissons et tantôt dont nous profitons, il faut s’informer sur l’état du monde tel qu’il est aujourd’hui et s’ouvrir aux cultures qui nous entourent. C’est pourquoi je milite personnellement pour la mise en place d’un cours sur la multiculturalité.

Au programme: 1. Anthropologie culturelle – 2. Mieux connaître nos voisins européens – 3. Langues et religions dans le monde.

En outre quelques notions d’anthropologie culturelle montreraient rapidement que les systèmes de parenté, de représentation du monde et de relation à la nature peuvent être extrêmement variés d’un point à l’autre du globe, et que cette diversité même est une richesse qu’il faut à tout prix préserver.

Ensuite il faudrait apprendre à mieux connaître nos voisins les européens que nous connaissons en définitive si mal et à propos desquels nous collectionnons des idées reçues. Pourquoi pas un cours qui remettrait en cause ces clichés qui nous viennent de vacances passées à l’étranger durant lesquelles finalement on est resté bien sagement avec son groupe de francophones?

Enfin une leçon consacrée à la diversité linguistique de la planète terre car on le sait le sort d’une culture donnée est intimement liée au statut de sa langue. Là aussi la mondialisation a fait son œuvre.  On a d’ailleurs vite fait d’oublier que le français a fortement influencé l’anglais et ce avec Guillaume le Conquérant en 1066. De quoi faire baisser d’un ton ceux qui s’insurgent contre l’omniprésence de la culture anglo-saxonne.

Au fond c’est tout l’enjeu: éviter les stéréotypes liés à la nationalité. Notamment en comprenant que les influences d’une nation sur l’autre ne datent pas d’hier. Les préjugés sont pourtant légions dans la bouche de monsieur tout le monde. Vous ne pouvez pas savoir combien c’est navrant d’entendre dire « les italiens ceci, les américains cela » quand on a passé des mois à l’étranger et que l’on est devenu du coup un peu italien, un peu américain soi-même!

Pour finir, ce cours à toute sa place dans le cadre d’une éducation citoyenne et dans l’étude du commerce extérieur car pour faire des affaires il faut connaître la mentalité de son client.

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Posted in: CULTURE, LANGUAGES